Mon expérience de Repair Café

tourne disque 2En farfouillant dans le garage de ma mère, j’ai trouvé un trésor : sous une pile de vieux T-shirts des années 80, à côté des pots Familia Wizz et des vieux bouquins de Tupperware, au milieu des draps qu’elle gardait pour les convertir en morceaux de chiffons… mon trésor, mon vieux tourne-disque des années 80. Tout un flot de souvenirs remontent, notamment ma sœur et moi en train d’écouter les vieux disques de ma mère, surtout ceux de Jacques Baudoin, dont la « table de multiplication » nous a rendu accro, mais pas aux maths !

notes-de-musiqueJe remonte mon antiquité dans le salon, et sors un vieux 45 tours d’un placard, et miracle, les notes de Boys Boys Boys de Sabrina emplissent chaque recoin. Le son caractéristique du vinyl, ce son un peu écorché, un peu brouillé, ce son délicieux de mon enfance se plante dans mes oreilles. Je saisis un 33 tours de flute indienne qui a bercé nos pleurs ensommeillés… et là, déception, le son est tout déformé. Je fais grise mine. Entre Sabrina et los Kjarkas, le sort a mal fait son job.

Je décide de ne pas me laisser abattre. En acheter un neuf ? Hors de question ! Parce que cela coute une fortune et que le neuf ne provoque pas de souvenirs d’un autre temps. Et puis j’ai sous les yeux un appareil qui marche presque. Il ne doit pas falloir grand chose pour le remettre en état. J’attrape un tourne vis, essaie de le démonter (c’est un échec), glisse un aérosol dépoussiérant dedans et appuie sur le bouton. Çà ne marche pas mieux.

Ma mémoire de poisson rouge fait une pause et laisse passer jusqu’à mon cerveau la vieille réminiscence d’un article sur le recyclage que j’ai écrit et qui expliquait comment réparer nos affaires à la place de les acheter. Et la section sur les Repair Café refait surface ! Je me connecte sur leur blog et trouve une date de Repair Café pas loin de chez moi, un mois plus tard. « La patience vient à bout de tout », je prends toute mon urgence en patience.

Je me pointe donc le 20 septembre dans le 19ième arrondissement de Paris, rue Riquet, pour faire réparer mon préciiiieux appareil. Je suis là à l’ouverture et déjà la queue est longue. Mais je n’ai pas fait le chemin pour rien ; j’enregistre ma demande auprès de la personne de l’accueil lorsque mon tour vient. Apparemment, les tourne-disque des 80’s font un peu office d’ovnis : les bénévoles sont plus habitués à des demandes concernant des micro-ondes et ordinateurs portables. Il y en a un certain nombre d’ailleurs dans la queue. Je sympathise avec une personne qui découvre elle-aussi pour la première fois le concept… je lui parle de mon blog dans lequel je pense mettre un article à l’issu de cette expérience, et je la soupçonne d’être devenue dans la journée une « follower »… mais cela ne restera jamais qu’un soupçon !

En tout cas, l’ambiance est sympathique. Les gens, même un peu pressés, ne font pas de forcing. Le café et les chocolatines sont offerts… mais ma future « new follower » a fait une descente… et après son passage, plus rien à manger !

Enfin, mon tour arrive. Je suis coincée entre la réparation d’un ordinateur portable entièrement démontré et celle d’une imprimante. Ah ! l’obsolescence programmée de ces appareils feront les beaux jours des Repair Cafés. Mon bénévole bricolo est très sympa, bon enfant, et complètement passionné. Ce n’est pas son métier… et pourtant, il démonte mon tourne-disque en 2 temps 3 mouvements, comprend tout de suite les fonctions de chaque élément. Pourtant c’est la première fois qu’ils ouvre un tourne disque m’avoue-t-il. Comme quoi, le bricolo (le vrai, pas moi qui installe des étagères le week-end et qui passe pour un génie du bricolage auprès de mes ami(e)s qui ont peur de planter un clou dans un mur)… le vrai bricolo peut vraiment tout faire.

C’est finalement la courroie qui merde ; elle n’entraine pas assez vite le disque car elle est distendue. Tu penses, elle a juste 30 ans la courroie, elle peut bien être un peu distendue. Il la retourne pour prolonger un peu sa vie, mais m’avertit que çà ne durera pas très longtemps. Il me montre alors comment monter et démonter le tourne-disque pour que je change par moi-même la courroie la prochaine fois. Une fois remonter, la flute indienne envahit pour un instant en suspension le local. Le 33 tours fait son retour !

A la sortie, une petite corbeille attend qu’on la remplisse du bon vouloir de chacun : dommage, je n’ai aucune petite monnaie. Mais ce n’est que partie remise, vu que mon smartphone vient de tomber dans les wc, et que tout marche… sauf le son… ce qui est ennuyeux pour un téléphone.

Publicités

Par ici pour les commentaires....

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s