Mon expérience de Wwoofing en Corse du Sud

carte-corse-gfTravailler dans un ferme agricole bio pendant quelques semaines, c’était la possibilité pour moi de rencontrer une région, un pays, un métier, une famille… peut-être une deuxième vie ? Je me voyais bien fermière, un retour aux sources, une vie à la dure, une vie solitaire, une vie dans la nature… Et j’ai été très bien servie de ces points de vue-là. Parce que quand je fais les choses, je les fais bien voyez-vous.

Pour le côté fermier, j’avais choisi une ferme qui produisait du fromage de chèvres à partir de son troupeau. Donc un vrai agriculteur, héritage de père en fils de techniques ancestrales… cela me semblait très exotique sur le papier. Et puis vivre avec un troupeau de chèvres et fabriquer son propre fromage sont un vrai retour aux sources en soi : auto-suffisance, vie en harmonie avec la nature et les animaux, odeur de crottins, de chèvres et de fromage. Tout cela me semblait magique.

En ce qui concerne la vie à la dure, j’avoue que j’ai fait ma femmelette. Au téléphone la fermière m’a annoncé une semaine avant mon arrivée que j’allais dormir dans une tente et qu’il fallait que je vienne avec mon sac de couchage. Seulement, il faut savoir que si j’adore la nature, la tente et moi ne faisons pas le meilleur ménage du monde. Mon dos particulièrement ne l’apprécie qu’avec un bon matelas… ce qui enlève tout charme au camping, il faut bien l’avouer. Et puis, le principe du wwoofing est d’être accueilli et traité comme quelqu’un de la maison, non ? et tous les habitants de cette petite chaumière dormait dans un lit, un vrai. Enfin, ayant acheté mon billet d’avion sans bagage en soute, je ne pouvais pas venir avec de sac de couchage. J’ai donc fini par dormir dans un caravane assez confortable pour mon dos, mais donc les fenêtres étaient cassées, et la ferme étant en altitude j’ai eu quelques frissons disons la première nuit.

Pour la vie solitaire, alors là j’ai fait fort. J’ai choisi une ferme dont le 1er voisin était à 3 kilomètres, sans réseau internet et téléphone accessible. Je voulais être coupée du monde.

Enfin pour la vie dans la nature, la ferme était coincée entre 2 montagnes, entourée de maquis de toute part et d’une rivière où tous les moustiques tigres de l’île se donnaient rendez-vous à 17h… quelques poules, deux chiens, pleins de chats, un âne, deux chevaux… servie quoi !

la vie en vertLe dépaysement a bien été total. Moi qui ai toujours travaillé dans des bureaux à faire de l’analyse de documents,  je me suis retrouvée à utiliser des muscles que je ne connaissais même pas : muscles brachial, carré pronateur, fléchisseur radial du carpe… si leurs noms sont une torture à lire ou écrire, vous n’imaginez même pas leur utilisation prolongée quand on ne les avait probablement jamais sollicités. Et c’est sans compte les cloques sur mes doigts et dans mes mains… oui, oui, le maniement de la pelle et du couteau à enduire ne font pas de cadeau. Mais malgré tout çà, mon âme de fermière a été satisfaite : entre les brouettes de cailloux et pelletées de crottins à vider, la préparation de la bergerie pour le retour des estives (nettoyage à la chaux) et le tannage de peaux de chèvres… j’ai eu le sentiment de vivre dans un autre monde pendant 15 jours.

Tout n’a pas été rose, mais je ne cherchais pas quelque chose de facile, je cherchais surtout quelque chose d’autre… un « autre » que ce que je connaissais, différent de mon rythme quotidien, distinct de mes repères habituels… être immergée dans l’espace temporel d’une autre dimension, et c’est bien ce que j’ai trouvé et reçu.

La vie dans la famille n’a pas été simple non plus : tempéraments différents, attentes pas toujours en symbiose, rythmes à adapter, choix de vie parfois à l’opposé, chemins de vie sans point commun, caractères très antagonistes… mais cela n’a pas empêché quand même l’écoute ou l’enrichissement, pas empêché non plus de voir la beauté de l’autre, d’apprécier de se laisser guider sur une voie où rien n’est familier par un inconnu… parce que c’était l’expérience que je voulais vivre.

Être ailleurs, autrement, différemment, pour un temps.

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