L’EAU

« Il y a davantage de perfection dans une simple goutte d’eau que dans toutes les machines inventées par l’homme »Einstein

goutte-d-eauLA PRÉSENCE D’EAU

Beaucoup de spécialistes s’accordent à dire que l’eau sera l’enjeu du XXI siècle. En effet, des tensions apparaissent entre pays au sujet de la gestion et du partage des eaux. Les Etats-Unis et le Mexique se battent depuis les années 30 pour un partage équitable de la ressource de la rivière Colorado. En Asie centrale, la mauvaise gestion des rivières Syr-Daria et de l’Amou-Daria a conduit à une catastrophe environnementale majeure : la disparition de la mer d’Aral. La Turquie, quant à elle, gère les eaux du Tibre et de l’Euphrate grâce aux barrages hydrauliques construits en amont, soumettant la Syrie et l’Irak à son bon vouloir, mais aussi à des famines. Et tant d’autres en Egypte sur le Nil, sur le fleuve Sénégal, au nord-ouest du Kenya, en Thaïlande sur le Chao Phraya, en Chine du Nord, au Pakistan dans les provinces du Pundjab et du Sind au sujet du partage des eaux de l’Indus…

L’eau sera bien un enjeu politique pour le siècle à venir, on devra affronter non plus des guerres du pétrole, mais des guerres de l’eau.

Pourtant l’eau n’est pas une denrée rare sur notre planète : elle couvre en effet 70% de la planète… mais seulement 2,5% est de l’eau douce (non salée). 10 pays se partagent 60% de l’accès à cette eau douce.

1 % de toute l’eau présente sur la Terre seulement est propre à notre consommation, c’est-à-dire potable. 20% des habitants de cette planète n’auraient pas accès à de l’eau potable au quotidien selon le rapport mondial des Nations Unies sur l’eau de 2006, soit plus d’un milliard d’individus. Pourtant l’eau potable est essentielle à notre santé. En 2003, l’OMS imputait environ 5 millions de décès à une eau non potable qui transmet choléra, typhoïde et diarrhées notamment.

Si la population a triplé en 100 ans, notre consommation en eau a, quant à elle, sextuplé. L’augmentation de la population, et l’intensification des cultures aquavores liée à l’augmentation des besoins de la population (comme l’industrie du coton traditionnel), ne sont donc pas les seules raisons de la raréfaction de l’eau douce. Nos habitudes et modes de consommation sont aussi en cause. Au début du siècle dernier, nous portions une attention particulière à la consommation d’eau car celle-ci n’était pas facilement accessible : il fallait aller à la source, au puits, à la fontaine, au lavoir, au bain public pour l’utiliser. Aujourd’hui, sa proximité et son accessibilité nous fait oublier son importance et sa rareté.

Pour rappel, voilà ce que consomme en eau chacun de ces gestes quotidiens :

  • une chasse d’eau = 10-12 litres
  • une douche = 30-80 litres
  • un bain =150-200 litres
  • une lessive = 80-120 litres
  • une vaisselle = 5-15 litres
  • un cycle de lave-vaisselle =13-21 litres

Alors, comment consommer autrement pour préserver l’eau sur notre planète?

*

L’EAU EN QUALITÉ

En France, l’eau souterraine (nappe phréatique) nous fournit 60% de notre eau potable, il est donc important de la préserver. Malheureusement, dans certaines régions, cette eau est polluée par des nombreuses et différentes sources.

Les sels d’aluminium

Les sels d’aluminium sont un des procédés existants utilisés pour nettoyer l’eau et la rendre « consommable »; ils concernent 16 millions de consommateurs en France selon l’Agence Française de Sécurité Sanitaires des Aliments (AFSSA). La limite fixée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et recommandée par l’Union Européenne est de 200 microns grammes de sels d’aluminium par litre d’eau. Or pour 4 millions de ses consommateurs, la limite supérieure est largement dépassée, allant jusqu’à 6 ou 7 fois la norme maximale.

Quels sont les risques sanitaires pour la population ? Les sels d’aluminium sont étudiés depuis 30 ans par les chercheurs qui, chacun à leur tour, mettent en évidence son lien et rôle dans l’accélération ou le développement de la maladie d’Alzheimer : André Picot (ancien directeur de recherche du CNRS), Jean François Dartigues (INSERM), Guy Berthon (ancien directeur du CNRS)… tous ces chercheurs reconnus sont absolument certains du lien existant entre aluminium et maladie d’Alzheimer et ont tiré la sonnette d’alarme. Pourtant, il existe une autre solution pour traiter les eaux : les sels ferriques, sans danger connu pour la population, et un coût d’exploitation relativement similaire. Mais les coûts de changement d’installation sont quant à eux importants ; et les grandes sociétés de traitement de l’eau ne voient pas la nécessité de le faire  puisqu’ils ne dépassent pas ou peu, selon eux, les normes de l’OMS.

D’ailleurs, on peut se demander comment ces normes, reprises par l’AFSSA, ont été établies, notamment quand on sait que les chercheurs ont mis en évidence que les risques de développer Alzheimer sont doublés à partir de 100 microns grammes d’aluminium par litre d’eau, et que l’OMS autorise 200 microns grammes par litre.

Les nitrates et pesticides

Les nitrates et pesticides, quant à eux, sont présents dans 93% des cours d’eau en France et ont été absorbés par de l’eau du robinet par 5 millions de français en 2008. La limite acceptable concernant les nitrates est de 50 mg par litre d’eau, mais est tolérée temporairement jusqu’à 100 mg par litre d’eau, et déclarée non potable au-dessus. La limite des pesticides est fixée à 0,1 microgramme par litre d’eau. Pourtant certaines communes affichent des taux 7 fois supérieurs. Malgré cela, les maires de ces communes peuvent bénéficier de dérogation de 3 ans (jusqu’à 3 fois). Ces dérogations sont accordées sous couvert de réalisation de travaux pour mise aux normes de l’eau de la commune ; travaux qui ne sont ou ne seront jamais réalisés par manque de moyens. En 2010, le ministère de la Santé a multiplié par 5 la concentration possible de pesticides dans l’eau potable. Cet habile trompe-l’oeil permet de faire baisser mécaniquement le nombre de personnes exposées à une présence excessive de pesticides dans l’eau, ainsi tombé de 34 300 en 2009 à 8 939 en 2010.

Ces dérogations et changement de réglementations en trompe-l’oeil transforment pourtant miraculeusement l’eau juridiquement non potable en « eau potable par dérogation » sur le site du Ministère de la Santé qui informe sur la qualité de notre eau.

Ces polluants sont particulièrement présents en grande quantité dans les nappes phréatiques de départements céréaliers, comme le sud-est de l’Eure et Loir ou la Seine et Marne, où l’eau du robinet n’est pas potable, et la population pas toujours informée. En effet, les maires, informés par la DDAASS, ont l’obligation légale d’informer leur population et de délivrer de l’eau en bouteille aux femmes et enfants de moins de 10kl. Très peu remplissent cette obligation, et nous laissent dans une totalement ignorance.

Les risques pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 10 kl sont pourtant importants et reconnus par l’AFSSA, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments. Les nitrates peuvent entraîner chez les nourrissons des anoxies, c’est-à-dire un empêchement de l’oxygénation du sang (comme une asphyxie) et les nitrites empêchant l’oxygène de se fixer dans les poumons. Les pesticides sont responsables de troubles neurologiques, de la reproduction, du développement de la maladie de Parkinson, de certaines formes de cancer.

Le radon 222

Le radon 222 est un gaz radio-actif, que l’on trouve dans les eaux souterraines des régions granitiques. La règlementation française n’imposant pas sa mesure, il ne fait pas partie des éléments analysés par les mesures effectuées par le Ministère de la Santé.  En 2010, le seul département qui avait réalisé des analyses de radon était la Haute-Vienne, avec 16 communes contaminées. La Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la RADioactivité (CRIIRAD) envisageait des analyses plus poussées dans les départements de l’Ardèche, du Puy de Dôme et de la Loire.

Pourtant, l’ingestion de radon irradie l’estomac, les reins, le foi, voire la moelle osseuse provoquant de grands dommages. D’ailleurs, la commission européenne et la CRIIRAD recommandent des taux limites de radon 222 rendant l’eau non potable.

Les médicaments

La consommation de médicaments ne cessent de progresser en Occident : l’Union Européenne, les États-Unis et le Japon consomment à eux seuls 80% des médicaments produits dans le monde, alors qu’il ne représente que 15% de la population totale. La France, quant à elle, est le plus gros consommateur de médicaments au monde : antibiotiques, antidépresseurs, bétabloquants, hypolipidémiants, anti-inflammatoires, psychotropes, contraceptifs… voilà la liste de ce que nous consommons sans modération. Mais cela n’est pas sans effet pour notre santé et notre environnement.

A travers nos urines, nous évacuons tous les jours les surplus non utilisés par notre corps, transformant nos rivières en pharmacie à ciel ouvert ; en effet, les stations d’épuration ne sont pas prévues pour retenir les résidus médicamenteux, qui s’accumulent donc dans nos eaux traitées interagissant entre eux, nous exposant à plusieurs substances de façon simultanée sans contrôle, provoquant des mutations génétiques… un vrai problème de santé publique tabou. En 2011, l’Agence Nationale de Sécurité Alimentaire (ANSES) a mesuré la présence de 45 substances pharmaceutiques dans des eaux souterraines, eau bue par 24% de français. 1/4 des échantillons étaient positifs à une ou plusieurs des molécules testées : celles qui ont été le plus retrouvées était l’oxazépam (un anxiolytique) et la carbamazépine (un antiépileptique)… et le test ne se concentrait que sur 45 molécules pharmaceutiques… alors que plus de 3000 substances pharmaceutiques composent les médicaments qui circulent dans notre beau pays.

En 2012, une étude américaine dirigée par Thomas MA, Joshi PP et Klaper RD (Geneclass analysis of expression patterns induced by psychoactive pharmaceutical exposure in fathead minnow) a révélé que la présence d’antidépresseurs et de psychotropes dans l’eau potable pouvait activer l’expression de gênes associés à l’autisme. En exposant des poissons d’eau douce pendant 18 jours à de très faibles doses d’antidépresseurs et d’antiépileptiques (Prozac et Effexor) ils ont constatés la mutation de 324 gènes associés à l’autisme humain, un comportement différent des poissons exposés (en comparaison à ceux non exposés) et une tendance à la panique. Qu’en est-il sur des périodes d’exposition plus longue ? avec un cocktail de plusieurs molécules ? Qu’en est-il des interactions avec les pesticides, les nitrates, les phosphates… ?

Autre effet avéré des médicaments dans notre eau potable, la forte présence d’hormones féminines dans les rivières dues à la pilule contraceptive que nous utilisons entraîne une féminisation des poissons mâles, avec à terme la disparition de l’espèce. Une étude canadienne en milieu fermé, a constaté l’extinction de l’espèce en 7 ans, due à la disparition des mâles.

Pour le moment, aucune étude n’a été menée sur l’incidence de l’ingestion de ces médicaments sur la santé humaine. Cependant en 2011 le gouvernement a présenté un Plan national sur les résidus dans l’eau dont on attend les résultats. De même, l’écotoxicité fait partie des critère de l’Agence européenne d’évaluation des médicaments pour autoriser la mise sur le marché des nouveaux médicaments ; mais cette évaluation est imparfaite, et elle n’est applicable ni aux médicaments déjà commercialisés, ni aux génériques, ni aux modifications mineures de médicaments déjà en vente.

Connaître la qualité de mon eau du robinet ?… c’est possible !

Si vous voulez vérifier le teneur d’aluminium, de nitrate et pesticides de votre eau du robinet, je vous conseille d’aller sur le site du Ministère de la Santé qui publie régulièrement les résultats des tests de qualité de l’eau. Pour comprendre et savoir quoi regarder, je vous recommande le très intéressant et édifiant reportage « Du poison dans l’eau du robinet » de Sophie Le Gall, pour le magasin Hors Série de France 3, datant de 2010, mais qui est encore largement d’actualité (il a été rediffusé d’ailleurs en 2012 et en 2013). Les informations de cet article sont en partie tirées de cette source d’information.

Dans tous les cas, chaque fois que votre eau dépasse les normes admises (que ce soit pour les nitrates, pesticides ou aluminium), je vous invite à écrire à votre maire, à la société d’exploitation de l’eau et à votre station d’épuration d’eau. C’est la seule façon de faire avancer les choses dans une société de consommation qui n’entend que la voie des « consomm’acteurs », ceux qui restent passifs peut crever. A Mouthiers en Boëme, en Charente Maritime, en 2001, quelques habitants ont réussi à faire condamner une société d’exploitation de l’eau pour avoir vendu de l’eau non potable.

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Alors, comment consommer autrement pour préserver la qualité de l’eau?

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