CONSOMMATION RAISONNABLE

Selon le Nouvel Obs, 9 français sur 10 sont prêts à acheter autrement : cela promet de beaux jours à mes articles !!

Avant tout, tordons le cou à certains préjugés : acheter intelligemment, ce n’est pas acheter les mêmes choses en version écolo ou bio, ce n’est pas non plus arrêter de consommer ou vivre en autarcie. Acheter intelligemment, c’est réfléchir à ce que l’on achète, être conscient de son empreinte, devenir un consommateur intelligent en somme, un « consomm’acteur » ; en refusant la surconsommation, en réduisant nos déchets, en nous interrogeant sur nos réels besoins d’achats neufs, en choisissant un aliment produit en France plutôt qu’un autre qui a voyagé… en utilisant notre cerveau, cette magnifique machine complexe, capable de réinventer notre futur et… qui nous distingue d’un simple babouin.

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REFUSER LA SURCONSOMMATIONhttp://www.pub-bis.com/de-lenjeu-dune-publicite/

Au quotidien, nous sommes tous concernés par des incitations à acheter plus, entraînant une accumulation d’objets parfois inutiles que notre budget ne peut pas toujours nous offrir. Nos parents dans les années 60 avaient 12 fois moins d’objets que nous ; ils n’étaient pourtant pas moins heureux que nous. On a juste réussi à nous faire croire qu’en ayant plus, nous serions plus heureux. Beau pari gagné de la part des grandes sociétés de (sur)consommation et agences publicitaires.

Alors comment lutter contre les matraques publicitaires dont nous n’avons même pas conscience ? Qui aujourd’hui se rend compte qu’il est assommé de 350 (pour le plus lucide et le moins exposé) à 1000 publicités chaque jour ? Sur la radio, sur la télévision, sur le net, dans les journaux, dans nos emails, sur les panneaux publicitaires qui jonchent nos routes, dans le métro, le bus ou le tram, nous sommes en effet l’objet de bien des convoitises commerciales. Sans parler des échantillons gratuits que les magasins distribuent comme cadeau ou que l’on vous offre dans la rue, comme çà, juste pour vos beaux yeux…

miege-matraquage-publicitaireDe nombreuses études scientifiques ont démontré que nos choix et préférences sont principalement influencés de manière inconsciente ; 90% de notre activité cérébrale n’étant pas accessible à notre conscience, on peut penser que nos achats sont donc définis en grande partie par la publicité « subliminale », celle que nous lisons sans nous en rendre compte et que nous croyons avoir oublié 2 minutes plus tard, cette même publicité qui s’attaque à nos inconscients sans défense.

La seule solution est donc de devenir conscients de ce que nous achetons, en nous posant des questions simples : avons-nous vraiment besoin de cet article à long terme ou un ami peut-il me le prêter ? devons-nous acheter ou louer ? plutôt un achat neuf ou d’occasion ?. Les choix que nous faisons sont alors réfléchis et responsabilisés ; on ne peut pas toujours être en accord avec sa conscience, mais en avoir conscience, c’est être engagé sur le chemin du changement.

Alors comment refuser la surconsommation ?

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RÉDUIRE SES DÉCHETS

Le consommateur intelligent, celui qui est veut devenir conscient, sait qu’il ne peut plus continuer à produire 400 kilos de déchets ménagers par an comme c’est le cas actuellement.

On ne peut plus continuer d’accepter des sacs plastiques à tout va. Certains supermarchés continuent d’en proposer gratuitement (Franprix par exemple). Ces sacs ne retrouvent dans les rivières à étouffer les poissons ou oiseaux de l’autre bout du monde qui les consomment par erreur. Un petit documentaire de 3 minutes très édifiant sur le devenir de nos sacs plastiques… « Midway Island » de Chris Jordan commence comme un conte de fées, pour s’achever dans un enfer de plastique qui tue.

L’ère du tout jetable doit enfin être abolie, et seul le consommateur par son pouvoir (et vouloir) d’achat peut y mettre fin : est-il possible de continuer à produire autant de déchets inutilement, alors que nous connaissons des solutions de remplacement efficaces ? Chaque enfant peut-il continuer à produire une tonne de déchets en couches jetables avant ses 3 ans ? Une femme a-t-elle le droit de jeter 10 à 15.000 serviettes hygiéniques dans sa vie ? L’humanité peut-elle continuer de vendre 4 milliards de rasoirs jetables par an, produit qui ne se recycle pas et fini dans nos incinérateurs en polluant l’air  ?

La fin du jetable est enclenchée selon les spécialistes publicitaires pour des raisons de responsabilités environnementales. Pour cette raison, les stylos et rasoirs Bic ne mettent plus en avant le côté « jetable » de leurs produits comme dans le passé. Car souvent le jetable se base sur des industries très polluantes, comme celle du coton (coton démaquillant, coton tige, papier toilette, sopalin, serviettes hygiéniques, tampons, couches…) qui consomme énormément d’eau pour être produit ou celles du mercure et du pétrole (piles, rasoirs, couches) qui polluent l’eau et détruisent les éco-systèmes.

Et si on y regarde bien, cette transition est aussi rentable pour la planète que pour nos pépettes. Avec un coût unitaire très bas, les industries du jetable ont réussi à nous faire croire que nous faisions des économies en achetant leurs produits. Alors que toutes les études montrent le contraire…. mais les lobbying sont forts et les enjeux financiers importants, ce qui limite la portée de ses études. Ainsi, selon une enquête menée par Bruxelles Environnement en 2007, une famille qui passe aux couches lavables économise jusqu’à 575 euros dès le premier enfant, et ce malgré l’investissement de départ (l’achat des couches nécessaires). Pour le second enfant, elle aura déjà le stock de couches lavable de départ, l’économie sera donc plus grande.

emballages inutilesLe poids des emballages, multiplié par 5 en 30 ans, fait également partie intégrante de la masse de déchets inutiles que nous générons. 10 emballages par jour et par famille, çà ne semble rien, mais cela représente 25% du poids de nos poubelles, et 50 %  de leur  volume… 100 milliards d’emballages à l’année seulement pour la France, soit 5 millions de tonnes, dont seulement la moitié sera recyclée… d’où une urgente nécessité d’éviter les emballages non nécessaires : les portions unitaires, les emballages à moitié vide, le sur-emballage, les échantillons gratuits.

Alors, finies mes dosettes de What else ? et mes portions individuelles du fromage des gastronomes en culottes courtes ?? même les échantillons que l’on m’offre gratuitement à la sortie de mon magasin préféré de cosmétiques ??? Ouiiiiii, car l’impact de ce genre de pratiques contribue :

  • au gaspillage de ressources aux gisements limités (comme le bois) ou non renouvelables (comme l’acier et le pétrole),
  • à la pollution de l’environnement (pesticides utilisés pour la production intensive de coton, phtalates ou bisphénol A ajoutés aux emballages lors de leur fabrication)
  • à l’augmentation des gaz à effets de serre : la production d’emballages partiellement vides, mais néanmoins volumineux (boites de céréales par exemple) engendrent de nombreux camions de transports sur les routes qui alourdissent le bilan carbone de ces produits.

La démesure a également un coût énergétique, outre son prix exorbitant pour  notre porte-monnaie. Avons-nous réellement besoin d’un 4×4 pour circuler dans Paris ? D’un frigo américain quand on est célibataire ? D’une télévision 46 pouces (126 cm) dans chaque pièce de la maison ?

Alors, comment réduire efficacement mes déchets ?

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ACHETER LOCAL

achat localOn parle souvent d’acheter local pour les aliments, mais cela concerne tous les objets de notre vie quotidienne. En effet, tous les objets qui nous entourent ont un coût environnemental  de production et de transport. D’une part le coût environnemental de production est plus transparent et respectueux de l’environnement en France. En effet, dans beaucoup de pays il n’existe pas de règlementation environnementale ; et quand ces règles existent, il n’y a pas toujours d’organe de vérification indépendant et sérieux de l’application de la loi. D’autre part, chaque objet/aliment voyageant en avion ajoute des émissions de gaz à effets de serre à son bilan carbone. Ainsi, un avocat (même bio) du Pérou coûte très cher en kérosène pour venir dans notre assiette ; de même qu’un meuble en teck d’Indonésie sera plus cher d’une point de vue environnemental qu’un meuble en pin des Landes.

AMAPEn encourageant les circuits courts de production et distribution, nous évitons les émissions de gaz à effets de serre (voir Préserver l’air) et favorisons l’emploi local. Le réseau des AMAP, Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, est une des initiatives les plus connues du « acheter local ». Il a pour objectif de favoriser une relation de proximité entre un paysan et ses consommateurs. Si le principe d’acheter à côté de chez soi des aliments sains (de plus en plus d’AMAP sont bio, mais n’ont pas toujours le label AB qui coûte cher) est commun à toutes les AMAP, les règles de fonctionnement ne sont pas homogènes d’une AMAP à l’autre, celles-ci étant créées par un collectif de consommateurs et un producteur qui fixent eux-mêmes leurs règles.

Dans le même esprit d’achat local, la CAMIF a lancé une appli de « conso’localisation » qui vous aide à localiser les fabricants qui produisent autour de chez vous. En ce qui concerne les aliments, pas très compliqué d’aller au marché local et de trouver le paysan qui vient d’à côté.

Enfin, on peut aussi trouver des informations intéressantes sur les sites de la Fabrique Hexagonale, le Guide Made In France ou le site 100% Made In France qui permettent de savoir si les produits que nous achetons couramment sont fabriqués ou non en France.

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LOUER

La location est l’anti-thèse de notre société de consommation où avoir c’est être… mais avoir à soi, rien qu’à soi. Pourtant la location est une réelle solution économique et écologique.

Économique parce qu’acheter une perceuse électrique performante pour faire 10 trous dans mon mur, c’est jeter l’argent par les fenêtres. L’emprunter au voisin, lui louer ou à un magasin spécialisé pour un prix dérisoire, c’est autant d’argent qui reste dans ma poche. Sans parler des défauts de fabrication, vice caché ou réparations nécessaires parce que le bidule machin chose de ma super machine hyper performante s’est oxydé depuis le temps que je ne l’utilise pas.

Écologique parce qu’en louant j’évite de stimuler la production d’un nouvel objet, et donc l’extraction des minerais ou la production des matières premières non recyclables nécessaires à sa fabrication.

Cette alternative se démocratise de plus en plus, et de plus en plus de biens sont accessibles en location : les couches lavables, les voitures, le matériel de bricolage, même les machines à laver !

Alors, comment faire pour louer ?

  • La location : quoi, où, comment ? (bientôt en ligne)

 

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