LOISIRS VERTS

Partir en vacances c’est d’abord se dépayser pour se déconnecter du quotidien. Envie d’être un autre, d’être autrement, d’être libre dans une société qui peut être parfois aliénante d’obligations. Nos bonnes petites habitudes envers la planète sont les premières à nous sembler lourdes à porter dans cette parenthèse et ce repos bien mérité et nécessaire à notre équilibre psychique et mental. Pourtant les conséquences sociales, humaines et environnementales de nos choix de vacances sont souvent lourdes, et nos œillères difficiles à garder une fois pris conscience des ravages du tourisme de masse. Comment par exemple fermer les yeux sur l’absence d’eau potable dans certaines communautés locales pour mieux irriguer le terrain de golf privé d’un hôtel***** dans une zone aride ou asséchée ? Sommes-nous obligés d’accepter l’air conditionné forcé dans les chambres d’hôtel même quand il fait 20 degré dehors, les piscines chauffées à 30 degrés, le transport en 4/4 en ville, l’arrosage H 24 d’un terrain de golf ?

Il est pourtant tout à fait possible de s’aérer la tête sans accentuer les émissions de gaz à effets de serre : en choisissant notre mode de transport, notre logement, nos activités de loisirs… chacun de ces choix étant une action concrète pour ne pas accentuer les déséquilibres environnementaux hérités des politiques consuméristes.

« D’après une étude de l’OMT, du Programme des Nations Unies pour l’Environnement et de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), les émissions de gaz à effet de serre du tourisme international représentent un peu moins de 5% du total mondial, soit 1,3 milliard de tonnes par an. Les 3/4 des émissions de gaz à effet de serre causées par le tourisme proviennent des transports : l’avion (40%) et le transport routier (32%) – l’hébergement (21%) -. L’OMT estime que la croissance vertigineuse du secteur pourrait mener à une hausse de 150% de ses émissions de gaz dans les 30 prochaines années. »

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TRANSPORT RESPONSABLEco2

Le transport vers le lieu de destination est bien souvent le poste le plus polluant de nos vacances. Le transport touristique en effet est à l’origine de diverses pollutions. On pense en effet souvent aux émissions de gaz à effets de serre générées par les avions, voitures, bus, train…, mais on oublie souvent les pollutions maritimes générées par les bateaux, ou les pollutions sonores qui exproprient des espèces animales de leur territoire de reproduction ou de vie. Ainsi, 97.5% des pollutions des mers sont générées par les déballastages illégaux et volontaires des bateaux (allant du bateau de pêche au bateau de croisière en passant par celui de marchandise). D’ailleurs, même si cela semble moins connu, les navires contribuent eux aussi aux émissions de CO2, notamment d’oxyde nitreux et de dioxyde de souffre.

Le transport touristique mondial serait responsable de 3 à 5% des émissions de gaz à effets de serre mondiaux selon les sources. En 2012, 1.35 milliards de touristes ont sillonné la planète, et 1.6 milliard de touristes sont prévus en 2020… comment notre planète absorbera-t-elle l’augmentation des pollutions liées à ces touristes, notamment celles liées aux transports sur le lieu de vacances ?

Dans notre petit quotidien de touriste, pouvons-nous réduire cette empreinte indélébile ? Comment faire pour que nos vacances de farniente et de soleil restent dépaysantes, en étant aussi écologiques ?

La solution la plus verte est évidemment d’éviter d’aller dans des destinations nécessitant de prendre l’avion ; voyager en France ou en Europe, en vélo électrique ou en bus, a bien des avantages mais demande souvent un compteur de congés plus importants. Si vous ne disposez pas de suffisamment de jours de congés ou ne souhaitez pas faire cet effort, il reste la possibilité de choisir sa compagnie aérienne en fonction de son bilan carbone ou de payer la taxe « carbone » versée à des associations de lutte contre le réchauffement climatique.

Alors comment se rendre sur notre lieu de vacances en réduisant notre impact CO2 ?

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HÉBERGEMENT RESPONSABLE

maison verteUn des plus gros postes de pollution due au tourisme est l’hébergement. Energivore et « aquavore », ces structures touristiques sont en effet responsables de la multiplication de constructions bétonnées dans des lieux magnifiques, mais non protégés.

Dans les pays en voie de développement, ces constructions n’ont, la plupart du temps, aucune obligation à respecter en matière de protection de l’environnement ; elles peuvent donc fleurir au milieu d’un parc hébergeant des espèces animales et végétales en voie de disparition, pousser comme des champignons sur des plages proches de récifs coralliens protégés ou exploiter la nappe phréatique du village voisin. Dans les pays plus développés, de plus en plus de lois s’appliquent à la construction (pas à l’existant), mais force est de constater que l’application de ces lois a encore du chemin à faire.

Ignorer ces données en choisissant notre hébergement ne diminue pas notre responsabilité écologique. Pour s’y retrouver, les écolabels permettent de savoir quels engagements envers la protection de l’environnement a pris la structure qui vous intéresse. Méfiez-vous des structures d’hébergement qui parlent de protection de l’environnement sans être labellisée.

greenwashingL’écologie et protection de l’environnement étant des sujets à la mode, beaucoup d’entreprises utilisent ces arguments d’un point de vue marketing, sans qu’une vérification soit possible. Sous prétexte par exemple de recycler le papier, des entreprises se déclarent « éco-responsables » même si leurs autres modes de production et gestion ne sont pas respectueux de l’environnement. D’autres essaient, par des campagnes publicitaires habiles, de nous faire croire qu’une « cosmétique naturelle » est égale à une cosmétique respectueuse de la nature et de notre nature, malgré la présence d’additifs chimiques tels que les parabènes. Ne soyons pas naïfs : changer son mode de production ou gestion se traduit par un investissement financier important pour les grands groupes commerciaux, au sein duquel la démarche de labellisation n’est qu’une goute d’eau.

Les petites structures, surtout les nouvelles, ont plus de mal à se faire labelliser, le coût de la labellisation étant plus difficile à amortir. Cela ne veut pas systématiquement dire qu’elles ne sont pas respectueuses de l’environnement. Ceci dit, si elles disposent d’une piscine, d’un jaccuzzi, qu’elles proposent des entrées gratuites au club de golf d’à côté ou que l’on peut louer des jet-ski sur leur plage privée, on peut se dire qu’elles n’ont pas vraiment l’esprit « protection de l’environnement ».

D’autre part, de plus en plus de formes d’hébergements chez l’habitant se développent, annulant ainsi l’empreinte additionnelle générée par les structures indépendantes de type « hôtel ». De plus en plus confortables, ces modes alternatifs de logements touristiques ont, en outre, la particularité de favoriser la rencontre avec les populations locales.

Alors comment choisir un hébergement « responsable » ?

 

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ACTIVITÉS RÉCRÉATIVES RESPONSABLES

Il existe tellement de façon de s’amuser que parfois, au milieu de la multitude, nous ne savons plus quoi choisir. Et si notre critère de choix était l’impact sur l’environnement ? Dans ce cas, nous avons deux options : les loisirs dont l’impact sur l’environnement est neutre, et l’éco-tourisme dont l’impact sur l’environnement est positif.

Par « loisirs à l’impact neutre« , j’entends toutes ces activités qui ne vont pas modifier l’environnement : des activités douces comme la randonnée ou le pesca-tourisme. Ces activités ne détruiront pas mais n’amélioreront rien non plus ; ils ne modifieront l’environnement ni en positif ni en négatif.

L’éco-tourisme, quant à lui, est un peu différent. C’est un concept sans label ni charte, ni association internationale reconnue par l’ensemble de ses pairs pour le définir. Il existe donc plusieurs variantes de définition. Pour ma part, j’associe l’éco-tourisme à une forme de voyage responsable qui contribue à la protection de l’environnement et au bien-être des populations locales. Cette définition suppose donc une action positive produisant un impact sur l’environnement de manière à corriger le constat de départ. Il est centré sur la restauration d’un milieu naturel dans une approche de remboursement de la dette écologique généré par le tourisme, quelque soit sa forme (tourisme alternatif, de masse, communautaire, durable, équitable…). L’éco-touriste ne considère pas avoir le droit de visiter les endroits les plus reculés de la planète, mais avoir un devoir envers eux. Il est conscient de son empreinte sur les ressources naturelles telles que l’eau douce, les forêts, les récifs coralliens, les espèces vivantes menacées…

Pour des pays comme le Népal, le Kenya, Madagascar, l’Equateur, le Costa Rica, l’éco-tourisme est aujourd’hui la principale source de devises. Reste que le voyage vers ces contrées a une empreinte carbone assez lourde ; encore qu’il reste possible d’aller au Népal ou au Kenya à pied ou à vélo pour les adeptes du « slow tourisme ».

Alors comment se divertir de manière responsable ?

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