De la viande tous les jours ?

En France, chaque habitant consomme en melevage et planeteoyenne 70 kl de viande par an, soit en moyenne 200g par jour. Si le monde entier en faisait de même, il faudrait 3 planètes pour assurer l’élevage des volailles, ovins et bovins nécessaires. Cette habitude alimentaire est associée en Europe à la force, à la vitalité, voire à la virilité et a tendance à devenir un signe extérieur de richesse et de réussite sociale dans les pays du Sud en expansion, comme la Chine où la consommation de viande a quadruplé en 30 ans.

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VIANDE ET ETHIQUE

taille pouletPourtant les conséquences sur les animaux, mais aussi la santé humaine et protection de l’environnement sont alarmantes. En effet, où est l’éthique dans un engraissement industriel d’animaux destinés à être abattus plus vite ? Que vaut la vie d’un poussin de 40g qui pèsera 1,5 kilo en un mois (poids initial multiplié par 38) face à notre poulet rôti familial du dimanche ? Les questions d’éthique, qui posent des questions de santé publique et de qualité de la viande que l’on mange, sont vite rangées dans les tiroirs face aux impératifs du marché qui demande plus… juste plus de quantité ; la qualité n’est pas une exigence de l’industrie de la viande actuelle.

Les maladies se propageant très vite dans ces espaces surpeuplés de reproduction, 96,4% des volailles sont traitées avec des antibiotiques ; il suffit de quelques bêtes malades pour que tous les animaux soient traités à titre préventif. Mais le réel objectif de ce dopage aux antibiotiques n’est-il pas l’engraissement naturel que ces derniers favorisent ?

Les abattoirs et hangars où sont stockés ces chairs vivantes sont loin de respecter les réglementations de base, elles-mêmes très éloignées de règles morales et éthiques. Car peut-on tuer un animal dans la souffrance alors que notre technologie nous permettrait de le faire dans la « douceur » ? Il ne s’agit pas de dire « ne mangeons plus de viande, ne produisons plus de bœuf », mais seulement de réfléchir à comment le faire dans le respect de la vie.

Ce reportage d’octobre 2015 sur les abattoirs d’Ales, dans le sud de la France, n’est que le dernier d’une longue liste de reportage essayant de nous alerter sur une morale totalement absente. Ne pas le regarder revient à fermer volontairement les yeux, à être coupable de complicité ; vous ne pourrez pas dire « je ne savais pas », mais « je n’ai pas voulu savoir ».

Alors, l’industrie de la viande, une industrie amorale ?

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VIANDE ET SANTE

Et que penser de ces échantillons (1 sur 2) de poulets présentantviande et médicaments des germes résistants dus aux surdosages d’antibiotiques ? Germes résistants que nous ingérons lorsque nous les mangeons, et qui dans un silence absolu tuent chaque année des milliers de personnes.

Comment ne pas avertir la population et prévenir des conséquences d’une alimentation trop riche en viande sur les augmentations des diabètes, de maladies cardiovasculaire, de cholestérol, de cancers, de goutte, de rhumatisme, de surcharge pondérale, d’obésité, d’hypertension dénoncées par tous les médecins et diététiciens ?

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VIANDE ET ENVIRONNEMENT

D’un point de vue social et environnemental, les conséquences sont elles aussi amorales. En effet, pour produire 1 kl de viande, il faut 16 kilos de céréales… combien de personnes pourraient être nourries avec ces 16 kilos de céréales ? Combien pourrait être sauvés de famines endémiques ?

http://www.rue89.com/2009/03/26/mcdo-veut-des-vaches-qui-rotent-moins-pour-polluer-moinsLa production de céréales ayant atteint un sommet en Europe, ce sont les pays d’Amérique Latine (Paraguay, Argentine, Brésil en tête) qui fournissent le fourrage pour l’exploitation de nos bœufs, porcs, poulets, dindes… Pour réunir des surfaces agricoles suffisamment rentables et importantes, de nombreux petits paysans ont été et continuent à être expropriés au profit de grands propriétaires terriens, les « barons du soja » comme on les appelle là-bas. Ces expropriations ont créé des camps de déplacés au Paraguay dont personne ne se préoccupe. Sauf les médecins locaux qui s’alarment de l’augmentation de bébés ayant des malformations importantes nés de mère vivant à proximité de propriétés aspergées régulièrement de glyphosate… soja glyphosaté dont se nourrissent le poulet, la vache, le veau, le porc que nous mettons dans nos assiettes, ici en Europe.

Et la production de viande ne connaissant pas la crise (merci aux subventions de la Politique Agricole Commune !), les européens exportent leurs excédents de viande : en effet, comme nous en mangeons déjà matin, midi et soir, difficile d’augmenter de manière significative notre consommation, à moins d’en glisser dans les casse-croutes des enfants. L’Europe exporte donc vers des pays africains, comme le Ghana ou le Bénin, où les prix de la viande subventionnée par la PAC ont réussi à détruire le marché local de la viande.

berth.canalblog.com/Enfin, outre la détérioration de la qualité des eaux par le nitrate notamment à proximité des exploitations céréalières qui épandent à foison le glyphosate et ses proches amis, la production de bovins a une conséquence assez inattendue sur les émissions de méthane. En effet, lors de la phase de digestion (après l’engraissement), les bovins éructent du méthane : l’élevage intensif de bovins augmente par conséquent de 30% les émissions de méthane dans l’atmosphère.

A terme en effet, continuer à consommer autant de viande semble donc un mirage… à moins de trouver une seconde planète (et une troisième ensuite dans notre quête effrénée de steak) où exploiter les animaux loin de nos consciences, de notre santé et de notre environnement. Alors consommation plus raisonnable ou végétarisme ? La question est difficile dans une société où la gastronomie se base principalement sur la viande et son accommodation.

Vaches go veganPendant longtemps, je n’ai pas tranché. Originaire du terroir français, la « bonne bouffe » a toujours été chez nous comme un héritage génétique : difficile de renoncer à sa famille ! Mais le temps passant, découvrant de nouveaux plats végétariens très bien accommodés et délicieux (notamment la cuisine indienne), j’ai réduit, j’ai réduit, j’ai réduit… jusqu’à ne plus acheter de viande. Mes incursions dans des restaurants où je m’offre un bon steak n’en sont que plus délicieuses, les odeurs de viande n’imprègnent plus mes vêtements, mes rideaux et mon nez, mon goût a développé des accointances avec les épices que je ne lui connaissais pas… et je crois que le prochain pas, c’est un stage de cuisine indienne, tradition hindouiste !

Je ne sauverai pas le monde en réduisant ma consommation de viande, mais je ne contribuerai plus à son naufrage.

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Une réflexion sur “De la viande tous les jours ?

  1. 3 x 100g de viande par semaine suffisent largement aux besoins vitaux. Privilégions les œufs et le poulet biologique et de France. Pour le poisson, bio bien évidemment. Et bien choisir la région en fonction du poisson. Le saumon d’Alaska, par exemple…

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